Vendredi 8 février 2008
Cette semaine, trois petites anecdotes viennent s'ajouter à celle de la semaine dernière...

4/- Quand nous roulons dans la rue, nous scrutons toujours le trottoir. Ceci comme les valides afin de ne pas faire une rencontre fortuite avec les excréments du meilleur ami de l’homme. En fauteuil, vous ne marchez pas, vous roulez et c’est donc à vos mains que vient se coller cette substance collante et puante. A bon entendeur…
 
5/- Lorsqu’il y a une queue importante en supermarché, on me propose parfois de passer devant économisant ainsi de longues minutes d’attente alors que comme les valides je peux très bien attendre dans une file comme tout le monde. Par contre le fait que certaines personnes utilisent les caisses prioritaires sous prétexte qu’il y a moins de monde est impardonnable. Dans certains magasins ces caisses sont souvent les seules qui sont assez larges pour laisser passer un fauteuil.
 
6/- L’usage du fauteuil roulant s’avère être une arme redoutable et stratégique lorsque vous allez dans un café ou en soirée. En effet, il m’est arrivé régulièrement que des filles veuillent s’asseoir sur mes genoux attirant la curiosité de certains et le respect d’autres. Je ne vais certes pas m’en plaindre, je compatis juste avec les valides qui n’ont pas, vous le nommerez comme le voudrez, cette chance ou ce charme :-) Etre en fauteuil peut aussi avoir du bon…

A vendredi prochain pour de nouvelles aventures...
par Yves publié dans : Et si vous étiez en fauteuil roulant...
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Mardi 5 février 2008
Bonjour à tous,

Aujourd'hui on vient de me signaler un article intéressant publié dans le monde.fr. Cet article traite des transports face au handicap et même si je pense que ce problème est connu de tous, il n'en reste pas moins un problème de taille. Un article traitant aussi du problème d'accessibilité au sens large, intitulé "les villes priées de faciliter la vie des handicapés", avait été publié dans l'édition du 14 Janvier 2008 de Ouest France.

Ces deux articles sont directement liés à la loi de Février 2005, mais je pense que cette loi fera l'objet d'un article tout prochainement, donc restez à l'affût... 

Ces deux infos m'ont été transmises par des membres de l'équipe et je les en remercie.

Sur ce, je vous souhaite une bonne journée et je me permets de reprendre le compte à rebour (je l'avais oublié hier).

Départ: J-121
par Yves publié dans : Petites brèves
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Lundi 4 février 2008
Cette semaine, je donne la parole à un ami qui a écrit une histoire fictive caricaturant le sentiment de frustration vis-à-vis du sujet du handicap. Je vous laisse apprécier...
                
- « Vous connaissez John Locke? »
La question fusa. C’est la première qu’il parvînt à distinguer parmi le brouhaha qui l’entourait. Tant de présences, tant de bruits l’étourdissaient légèrement.
John Locke… Bien sûr qu’il connaissait. Le personnage paraplégique de Lost. Difficile d’y échapper. Les gens étaient toujours persuadés d’être les premiers à lui en parler. Dans quel intérêt ? Un message d’espoir? Mais quel espoir ? Allait-il pour autant se lever d’un coup, balancer son fauteuil à roulettes et partir faire son footing pieds nus dans la jungle ? Non, on ne parle pas de la même chose les mecs. Parfois peuvent être prononcés les mots d’ « évolution », d’ « amélioration » mais jamais celui de « guérison ». La guérison, c’est un concept abstrait, le thème d’un cours de philo auquel on aurait oublié de se pointer.
John Locke… Les références et les caricatures faciles étaient ce qu’il détestait par dessus tout. Il l’avait décrété le jour où on lui trouva un air flagrant de ressemblance avec Christopher Reeves... D’ailleurs, il trouvait étrange cette manie qu’on avait de toujours l’affubler de surnoms ou de modèles. Ne pouvait-il pas être lui, simplement lui ?
 
Cette question n’avait vraisemblablement pas effleuré l’esprit des journalistes composant la meute qui l’entourait. Peut-être le plus dur ne faisait-il que commencer. Il le comprenait maintenant. Jusqu’alors, tout se passait comme il l’avait espéré. Il avait réussi à attirer l’attention, à faire se porter sur lui seul les caméras, les micros et les flashes des médias, prêts apparemment à tout pour obtenir de lui un mot ou un sourire.
Il savait ce qu’il avait à faire. Il ne devait pas se laisser décontenancer. Il avait préparé ce moment depuis longtemps. Il avait revu ses chiffres, répertorié ses arguments, inventorié les exemples les plus poignants ou les plus révoltants. Il s’était même essayé dans l’avion à travailler sa prononciation en face du miroir des toilettes. L’enjeu était simple : tout s’arrêtait là ou bien tout commençait vraiment, sans hypocrisie, sans langue de bois. Cette étrange scène sur le tarmac de l’aérodrome pouvait devenir le point de départ d’une prise de conscience collective, la genèse d’un effort commun, la fondation d’un projet nécessaire et vital. Rien que ça.
Un silence imparfait s’installa. C’est maintenant que tout se jouait.Et probablement était-ce la cause de la sécheresse qu’il ressentait au fond de la gorge. Les questions s’étaient tues et les micros tendus ne l’étaient plus que pour recueillir ses premières paroles spontanées. Il commença son propos :
            -« Je suis très fier et très heureux d’être ainsi devant vous. Ce qui m’arrive est vraiment exceptionnel et j’en suis conscient. C’est pourquoi je souhaite profiter de cette occasion pour transmettre un message qui me tient à cœur et qui concerne des milliers de personnes dans la même situation que moi… »
 
            Peut-être était-il déjà trop long… L’attention générale sembla faiblir soudainement. Une sonnerie de portable retentit. Puis une deuxième, une troisième,… Une excitation nouvelle, contagieuse, semblait avoir gagné l’auditoire. Enfin tout bascula. Les caméras, micros et téléphones furent remballés en un clin d’œil, les voitures et camionnettes déboulèrent sur la piste, le matériel fut chargé. Chacun prit la direction de la sortie, une lueur étrange dans le regard : quelle chance finalement d’avoir dû se taper ce reportage. Une conférence de presse exceptionnelle venait d’être annoncée. Elle aurait lieu dans trente minutes à quelques kilomètres de là. Un homme politique de tout premier plan allait enfin présenter sa nouvelle fiancée à la presse. Une aubaine vraiment !
            Sans réellement comprendre ce qu’il lui arrivait, il vit les derniers véhicules s’éloigner et constata que personne ne l’entourait plus désormais. Il se retrouvait seul. Coupé au milieu d’une phrase qu’il avait pourtant répétée maintes fois ; une phrase qu’il était fier de prononcer, une phrase qui lui semblait avoir du sens. Après l’étourdissement dû au vacarme, c’était maintenant le silence qui le plongeait dans un état second.
Ses dernières semaines lui revinrent alors en mémoire, lui sautèrent à l’esprit : le casting, les autres candidats, les épreuves fictives, les amourettes scénarisées, les éliminations,… Il s’était inscrit et n’avait tenu que dans l’unique but d’atteindre la mission qu’il s’était fixée : gagner enfin la possibilité de prendre la parole et d’expliquer à tous sa condition ainsi que celle de milliers d’êtres humains ; tenter de faire bouger les choses, d’ébaucher un monde plus ouvert, un monde plus accessible.
 
Il ne sera finalement peut-être jamais entendu.
C’est seul, avec la gorge serrée et la tête un peu lourde, qu’il se mit à avancer sur la piste déserte. Il progressait lentement. Le gravier crissait sous ses roues.
            Il regretta alors d’avoir participé au jeu TV qui battait tous les records d’audience. Il regretta de s’être compromis. Il regretta d’avoir gagné « Je suis handicapé, sortez moi de là. ».
par Yves publié dans : Avant de partir
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Paraplégique, je pars sans assistance et en handbike.
4650 kilomètres en 90 jours, je pédale à la force de mes bras, au-delà du cercle polaire vers le symbolique Nordkapp. (Plus...)

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