Jeudi 20 mars 2008

Bonjour à tous,

 

C’est quand on croit qu’il n’y en a plus, qu’il y en a encore…

 

22/- Je souhaiterai soulever le problème des caniveaux. Leur utilité n’est pas à remettre en cause mais il semblerait toutefois que le concept puisse être amélioré. Lorsque l’eau s’engouffre dans ceux-ci, ils deviennent la hantise des personnes en fauteuil roulant. Il semblerait qu’il y ait toujours dans ce cas une mare, ou devrais-je dire un étang, qui ait la fâcheuse tendance de se former aux endroits que, nous, les handicapés devons utiliser pour traverser. Je parle bien sûr des rabaissements de trottoir au passage clouté. Cette « grande traversée » pose deux problèmes. Le premier étant que les mains courantes une fois mouillées, n'offrent plus que très peu d’adhérence aux mains, ce qui signifie une perte de contrôle préjudiciable. Le deuxième, étant que nous poussons nos roues avec nos mains, cela s’apparente donc à mettre ses mains dans l’eau du caniveau avec tout son lot de bactéries qu’elle transporte. Admettez que c’est peu hygiénique et fort déplaisant.

 

23/- L’ascenseur est souvent le moyen le plus pratique pour une personne en fauteuil d’aller d’un étage à un autre surtout dans les lieux publics. Malheureusement, ceux-ci sont souvent très lents et remplis par des gens qui feraient mieux d’apprécier l’usage de leurs jambes et d’utiliser les escaliers. N’étant pas de nature très patiente, j’ai très vite pris le réflexe de prendre les escalators, beaucoup plus rapides et souvent plus pratiques. Je me suis déjà fait quelques petites frayeurs mais généralement, ça se passe bien.

 

24/- Je me suis rendu il y a un an à Amsterdam à l’occasion de l’anniversaire de la reine. Si vous y avez déjà participé, vous savez de quoi je parle quand je dis que les rues sont pleines à craquer. Il y avait notamment une artère qui était totalement bouchée par une foule humaine, une fois engouffré dedans, vous n’avez d’autres choix que de continuer au gré de la marée. Les gens poussent, essaient de se faufiler, jouent des coudes et j’étais au milieu suivant le flot continu de personnes. Une petite bousculade et j’ai bien cru que ça allait être la fin, ne pouvant rien contrôler, étant transporté par le mouvement de la foule, ma peur s’est dissipée lorsque j’ai vu certaines personnes se mettre autour de moi pour me protéger. La peur ne m’avait tout de même pas rendu sourd, en tout les cas pas suffisamment pour ne pas entendre une personne glisser: "qu’est ce qu’il fout là cet handicapé…"

 

A vendredi prochain pour de nouvelles aventures…

Par Yves - Publié dans : Et si vous étiez en fauteuil roulant...
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Lundi 17 mars 2008
Bonjour à tous,

Cette semaine, je laisse le clavier à une amie qui souhaite s'exprimer et je la remercie. Je vous laisse une fois de plus apprécier.
J'attends votre réaction, votre sentiment, votre expérience à ce propos. N'hésitez pas à laisser des commentaires.



Je me rappelle le jour où j’ai rencontré ce mec, où je l’ai vu apparaître assis dans son fauteuil et où mon regard n’a pu se détacher ; j’ai observé sans pouvoir m’en empêcher, intriguée et gênée à la fois ; je me rappelle surtout que cette gêne a disparu plus vite qu’elle ne s’est déclenchée ; et que quelques minutes ont suffit pour que je puisse me dire que j’étais ridicule et pourtant.

Un simple défi, une manière de se prouver que l’on peut repousser ses limites et que l’on est acteur de ses choix et de sa vie. Je suis impressionnée et cette fois non pas à partir du constat d’un handicap quelconque mais par la volonté de cet homme, par son engagement et son altruisme, par sa prise de position et son courage, parce qu’il est lui et qu’il se refuse à toute complaisance avec une pédagogie et une patience hors du commun
Refuser le fatalisme, s’accepter et accepter l’autre, améliorer le monde à son échelle, et tendre vers un « vivre ensemble ». Cela parait simple mais cela ne l’est pas tant que ça, sinon nous le ferions tous, non ?

Refuser les préjugés est une chose, œuvrer pour les combattre reste malheureusement trop rare, les mots sont vecteurs de message, mais ne suffisent pas. « Ca m’intéresse mais je n’ai pas le temps » sont les mots qui finalement ressortent du discours de beaucoup. Mais cet engagement appartient à tous et ne demande pas plus de temps que ça, il appartient au quotidien et commence par un changement de notre regard sur les autres….
Par sa prise d’initiative, Yves nous donne à tous une belle leçon d’altruisme qui je l’espère saura faire changer le regard de beaucoup comme il a su faire changer le mien.

Roule ma poule !!!!
 
Je profite aussi de cet article pour remercier le club Hervé de soutenir le projet HandiKapp-Nord, en le gratifiant d'une bourse.

Départ: J-80
Par Yves - Publié dans : Avant de partir
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Vendredi 14 mars 2008
Bonjour à tous,

19/- Une expérience très intéressante et pour le moins originale m’est arrivée un soir à Rotterdam. Je rentrais chez moi après avoir raccompagné une amie, lorsqu’il s’est mis à pleuvoir. Quand il pleut l’adhérence des mains sur la main courante est fortement diminuée et donc le contrôle du fauteuil plus précaire. Lors d’un passage de trottoir, mes roues se sont plantées dans le caniveau et mon fauteuil a basculé en avant. J’ai réussi à me rattraper et heureusement que personne ne m'a vu. M’apprêtant à reprendre mon chemin, comme si de rien était, un fourgon de policier, passant à proximité, s’est arrêté... Les deux policiers à son bord m’ont très gentiment proposé de me ramener chez moi. C’est un geste qui m’a à l’époque énormément touché et je tiens à les en remercier.
 
20/- Une petite soirée au restaurant, ça vous dit ? Moi, je dis jamais non ; éviter de cuisiner et goûter de nouveaux plats, rien de tel. Mais à chaque fois, je suis embêté car je sais pertinemment que l’espace entre les tables va être restreint et la circulation dans le restaurant un véritable calvaire. La seule façon pour moi de passer est d’embêter tout le monde et de demander aux clients du restaurant d’avancer leurs chaises, de déplacer leur sac ou pis encore de déplacer leur table, tout ça pour laisser passer mon encombrant fauteuil roulant. Ca m’énerve et je comprends tout à fait que les clients soient embêtés, je tiens donc à remercier ces mêmes clients qui la plupart du temps font montre de patience et de sympathie.

21/- Nous n’avons pas encore évoqué les trottoirs. Ceux-ci sont un véritable cauchemar lorsqu’ils sont trop hauts et ce aussi bien lorsqu’il faut les monter que lorsqu’il faut les descendre. Pour monter un trottoir trop haut, c’est physiquement impossible sans aide. Pour descendre un trottoir trop haut, c’est toute la colonne qui prend un coup. Très souvent les fauteuils roulants sont condamnés à descendre du trottoir seulement lorsqu’il y a un passage piéton car c'est le seul endroit qui propose une facilité d’accès. C’est pourquoi un automobiliste garé sur un passage piéton a une attitude égoïste et condamnable. 

A la semaine prochaine pour de nouvelles aventures...

Par Yves - Publié dans : Et si vous étiez en fauteuil roulant...
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Yves, 27 ans, voici mon projet

 

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Paraplégique, je pars sans assistance et en handbike.
4650 kilomètres en 90 jours, je pédale à la force de mes bras, au-delà du cercle polaire vers le symbolique Nordkapp. (Plus...)

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